RÉSUMÉ DU COLLOQUE 2017 DE LA FQMC
par Karine Robitaille

3e Partie (pour lire la 1ère partie, cliquez ici)(2e partie) 

MANGER POUR OPTIMISER SON MICROBIOTE
Par Marie-Ève Deschênes Dt.P et Nicole LeBlanc Dt.P

Marie-Ève Deschênes est nutritionniste diplômée de l’université Laval et membre de l’Ordre professionnel des diététistes du Québec depuis 2007. Elle collabore activement aux travaux du Comité de nutrition de la FQMC et en assure la présidence depuis 2013. Elle est aussi conférencière, clinicienne en pratique privée et formatrice en matière de nutrition pour le grand public et les professionnels de la santé.

Nicole LeBlanc est nutritionniste et membre de l’Ordre professionnel des diététistes du Québec depuis plus de 25 ans. Ayant d’abord œuvré pendant 15 ans en milieu hospitalier, elle a ensuite développé une expertise pour les maladies digestives, troubles fonctionnels, les intolérances et la maladie cœliaque dont elle est atteinte depuis 20 ans. Elle est également conférencière et clinicienne en pratique privée.

La conférence nous a été présentée par Mme LeBlanc qui nous définit tout d’abord le microbiote (autrefois appelé flore intestinale). Il s’agit d’une colonie de bactéries, virus et champignons de plus de 3000 espèces et leur nombre pourrait varier entre 10 000 et 100 000 milliards. Les bonnes bactéries présentes dans le microbiote ont de nombreuses fonctions : favoriser la digestion, réguler l’appétit, métaboliser les médicaments, barrière protectrice, etc. Le but visé ici est d’explorer des pistes de solutions pour créer un équilibre entre les bonnes et mauvaises bactéries.

Plusieurs facteurs influencent la composition du microbiote. Cela commence par le type d’accouchement qui nous a vu naître et se poursuit à travers nos habitudes de vie : stress, tabac, âge, alimentation, niveau d’activité physique, etc. Évidemment, la conférence que je vous résume ici se concentrait sur l’alimentation. Il est important de se rappeler que parmi les facteurs influençant la composition de notre microbiote, nos habitudes alimentaires comptent pour 57% alors que les facteurs génétiques ne comptent que pour 12%.

Éléments défavorables:

  • Aliments riches en gras : les acides gras saturés augmentent la production de substances favorisant l’inflammation et diminuent les bonnes bactéries.

  • Protéines : une alimentation trop riche en protéines animale augmente le risque d’inflammation de la muqueuse intestinale

  • Émulsifiants (additifs alimentaires) : Augmentent l’inflammation, la perméabilité de la muqueuse et diminuent la couche protectrice de mucus

  • Substituts de sucre : diminue la diversité bactérienne du microbiote après 4 jours seulement

Éléments favorables : stimule la croissance des bonnes bactéries

  • Fibres : fruits, légumes, psyllium, noix, graines

  • Prébiotiques : inuline, racine de chicorée, gomme d’acacia, ail, topinambour, oignon

  • Polyphénols : antioxydants présents dans thé vert, thé noir, café, vin, raisins, petits fruits

  • Aliments fermentés : yogourts, kéfir, choucroute, kimchi, miso

Probiotiques

Les probiotiques sont de bonnes bactéries qui, lorsqu'elles sont ingérées en quantité suffisante, exercent des effets positifs sur la santé, au-delà des effets nutritionnels traditionnels. Il a été démontré que les gens cœliaques sous diète sans gluten ont une plus petite quantité de lactobacilles et de bifidobactéries.  Actuellement, des protocoles de recherche sont en cours pour valider si certaines souches de bactéries pourraient aider à retrouver la tolérance immunitaire et traiter la maladie cœliaque.  Cependant, jusqu’à ce jour, il n’y a aucune indication claire et pertinente de consommer des probiotiques quand on a la maladie cœliaque.  Il semble plutôt que la solution serait d’intégrer plus d’aliments prébiotiques dans l’alimentation pour favoriser la multiplication des bonnes bactéries.

 

Recommandations

Des experts se sont prononcés à Paris en 2016 pour émettre des recommandations alimentaires pour favoriser la richesse bactérienne du microbiote. Ces recommandations sont valables et même recommandées pour les gens atteints de la maladie cœliaque.  La diète méditerranéenne serait à privilégier pour sa richesse en végétaux et sa faible teneur en viandes. Voici en quelques points les principales recommandations :

  • Augmenter sa consommation de légumes, fruits, grains entiers et légumineuses

  • Viser 50-55g de fibres par jour

  • Viser 5 à 8 g de prébiotiques par jour

  • Intégrer des aliments fermentés

  • Réduire la consommation de viandes rouges, fritures et produits laitiers riches en matières grasses

 

Évidemment, une consultation avec une nutritionniste formée en maladie cœliaque vous permettra de voir quelles recommandations s’appliquent à votre condition et comment les intégrer dans votre alimentation. Pour joindre Mme Leblanc, visitez son site internet: www.gluten-allergies-nutrition.com

En conclusion

Si vous avez lu mes 3 résumés de conférences du colloque FQMC 2017, vous avez pu constater la richesse des informations qui nous sont transmises en y assistant. Bien que j'ai tenté de les écrire les plus fidèles à mes souvenirs et notes possibles et que j'ai pris soin de les faire réviser (sauf Dre Therrien), je dois vous dire bien humblement que ces textes ne sont qu'une pâle copie de l'expérience que représente un colloque de la Fondation québécoise de la maladie coeliaque. Le fait de rencontrer des gens atteints de la même maladie, vivant la même réalité, partager un repas sans soucis parmi eux, découvrir et goûter une foule de nouveaux produits , rencontrer l'équipe de la fondation qui travaille fort pour notre communauté. J'espère vous avoir donné envie d'y participer dans 2 ans!