RÉSUMÉ DU COLLOQUE 2017 DE LA FQMC
par Karine Robitaille

Voici tel que promis un résumé des conférences présentées le 4 novembre dernier dans le cadre du colloque biannuel de la Fondation Québécoise de la Maladie Coeliaque. Le tout vous sera présenté en plusieurs parties. Voici donc la première, bien que cela ne représente pas l'ordre dans lequel elles ont été présentées. 

Manger sans gluten, pas si simple que ça
par Marie-Pierre Gagnon-Girouard, psychologue et professeure à l’UQTR

Mme Gagnon Girouard est une psychologue qui s’est spécialisée en troubles alimentaires. Son mandat pour le colloque a été d’expliquer comment la diète sans gluten nous affecte sur le plan psychologique. Tout d’abord, quelques chiffres percutants! Dans une seule journée, nous devons faire environ 200 choix alimentaires! Un café ou pas, je devrais arrêter ou diminuer le sucre dedans, qu’est-ce qu’on mange pour souper, les lunchs et collations, les tentations, publicités et autres. Avouez-le : on pense vraiment très souvent à la bouffe et dans notre situation on doit se questionner 2 fois plus! Ensuite, bien que les troubles alimentaires ne touchent qu’entre 1 et 2 % de la population en général, ils peuvent toucher entre 22 et 29% des gens atteints de maladie cœliaque! Elle explique que notre relation avec les aliments pourrait se comparer à une rivière : pour certains elle sera calme et le débit sera léger, pour les autres elle sera comme une rivière au printemps, avec un fort débit et de belles cascades! Plusieurs facteurs viennent contribuer à cette relation que l’on entretient avec la nourriture : biologiques (gènes, hormones de l’appétit, goût et sensations, etc.), sociaux (pression sociale, préjugés, accessibilité, influence de l’entourage) et psychologiques (régulation des émotions).

Le trouble alimentaire le plus courant parmi nous serait l’orthorexie, qu’on pourrait définir comme une volonté de manger de manière parfaite en s’astreignant à des règles très rigides. Bien sûr, notre condition nous demande de viser la perfection, en ce sens que la seule façon de traiter notre maladie est d’éviter tout aliment contenant du gluten ou même des traces. Cependant il est facile de « déraper » en ayant, par exemple, une peur démesurée d’en consommer, ou en voulant éviter toute forme d’aliment nocif en plus de ceux contenant du gluten. Le danger est qu’on peut se sentir tellement privé par notre diète sans gluten qui, disons-le est très restrictive, que la journée où on se permet une « tricherie », le risque de perte de contrôle est élevé. On pourrait se dire que tant qu’à être malade, aussi bien manger plus d’aliments interdits. C’est le même cercle vicieux que lors d’une diète amaigrissante très sévère : restriction extrême, frustration, perte de contrôle et finalement reprise de la diète pour compenser (voir image). 

La recommandation de Mme Gagnon-Girouard pour éviter ce piège est de s’autoriser des aliments (sans gluten bien sûr!) qui nous procurent du plaisir sur une base régulière et les consommer sans culpabilité. Il existe aujourd’hui plusieurs produits substituts pour nous aider à combler nos envies autant sucrées que salées. Autre recommandation, consulter au besoin. Si vous ressentez du désespoir dans votre relation avec la nourriture, si cela nuit à votre travail ou à vos études, si vos proches s’inquiètent, ce sont des signes que vous avez besoin d’aide. Voici quelques ressources suggérées : www.anebquebec.com, www.equilibre.ca, www.ordrepsy.qc.ca. Pour terminer, Mme Gagnon-Girouard dirigera prochainement un projet de recherche à ce sujet. Si vous désirez y participer et que vous avez un diagnostic de maladie cœliaque, voici le lien : https://singusermiaq622w.eu.qualtrics.com/jfe/form/SV_5hvqL7Th4Iy5BFr.

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