La nutrition fonctionnelle

par Valérie Dussault, Dt. p

La majorité des maladies chroniques sont difficilement traitées. C’est-à-dire qu’une personne qui a des problèmes digestifs et/ou des maux de tête chroniques va rarement trouver une solution durable à ses problèmes avec la médecine traditionnelle.

 

En effet, la solution proposée sera dans la plupart des cas une pilule qui pourra estomper les symptômes. Aussi, probablement la prescription de test pour investiguer un peu plus loin comme une colonoscopie. La plupart de ces tests reviennent normaux ce qui est très découragent pour une personne prise avec des problèmes chroniques.

 

Cependant, cette petite pilule soi-disant magique ne permet pas d’aller à la VRAIE cause de ces problèmes et non seulement cela, elle amène des effets secondaires qui peuvent être multiples surtout si elle est prise à long terme.

 

Ici, le but n’est pas de vous dire d’arrêter vos médicaments, vous devez ABSOLUMENT avoir un encadrement de votre médecin. Alors le but ici, est de vous donner une nouvelle vision au sujet de vos problèmes chroniques afin d’amener une solution qui est loin d’estomper les symptômes, mais bien de régler le problème à la cause. C’est ce que nous appelons la nutrition fonctionnelle, aller à la source des problèmes de santé.

 

 

 

En effet, le système de santé va concentrer ses intérêts sur la pointe de cet iceberg où il y a les symptômes et les maladies. Tandis que la nutrition fonctionnelle cherche à s’éloigner de cette pointe pour aller voir plus loin dans l’eau quels systèmes sont débalancés et comment il est possible de les améliorer. Évidemment, le corps ne fonctionne pas en silo donc chaque système va impacter les autres systèmes. Voici quelques exemples :

 

Le système digestif

En nutrition fonctionnelle, nous commençons par ce système, car il est l’organe le plus grand du corps, c’est lui qui se charge d’amener les éléments de l’extérieur du corps vers l’intérieur, il contrôle la production de 75% des neurotransmetteurs, il détient les tissus du système immunitaire et nous avons beau manger les meilleurs aliments du monde, vous devez vous assurer de les absorber pour assurer leurs efficacités. Le meilleur exemple est l’impact du gluten dans le contexte d’une maladie cœliaque qui amène une rétraction des villosités de l’intestin et qui mène vers une mauvaise absorption des nutriments.

 

Le système immunitaire

Comme vous avez pu le constater, le système immunitaire est fortement influencé par la digestion puisque la majorité des tissus s’y retrouve. Donc, une mauvaise absorption ou une mauvaise flore intestinale peut influencer à la hausse ou à la baisse le système immunitaire. Lorsque celui-ci est à la hausse, nous voyons un système déchaîné qui s’attaque lui-même étant donné qu’il est vraiment trop activé et qu’il ne se reconnaît pas lui-même. Ceci amène une maladie auto-immune comme la maladie cœliaque. Dans un autre cas, le système immunitaire se fait activer, mais les cellules en meurent ce qui amène une déficience dans ce système et la personne devient malade souvent comme des bronchites, des sinusites ou des rhumes fréquents. Dans un cas comme dans l’autre, un débalancement du système immunitaire n’amène pas une bonne réponse hormonale puisque ce phénomène est vu comme un stress pour le corps. Lorsque nous parlons de stress, il est important de parler de l’hormone « cortisol » qui va être secrétée en présence de stress.

 

Le système hormonal

Les hormones sont fabriquées à partir de protéines d’où l’importance d’assurer une bonne digestion des protéines pour assurer un bon renouvellement. Lorsque le corps perçoit un état de stress qui provient de l’extérieur comme un burnout, une dépression, un choc émotif, un stress qui provient d’un accident physique ou bien d’un stress métabolique comme des intolérances alimentaires, il va sécréter de façon chronique l’hormone de stress soit le cortisol. À long terme cette sécrétion de stress chronique peut amener un épuisement du corps. Aussi, il vous faut savoir que tous les hormones dansent entre elles et qu’une élévation d’une hormone en particulier amènera une diminution d’une autre. D’où l’importance d’assurer une intégrité de chacune. Ensuite, les hormones sont recyclées par le foie pour être éliminées. S’il n’y a pas une bonne élimination soit aucune activité physique pour sortir les toxines de la peau et /ou une présence de constipation, il n’y a pas d’élimination ce qui peut amener une accumulation de toxines qui mènera entre à des symptômes digestifs, des maux de tête ou des problèmes de sommeil pour n’en nommer que quelques-uns.

 

Le système d’élimination (détoxification), le système mitochondrial (celui qui fabrique l’énergie), le système inflammatoire, le système neurologique, etc, comme vous le devinerez ont également des impacts sur les autres systèmes. D’où l’importance de voir la cause et non seulement de voir un seul système. Vous devez avoir un ensemble de toutes les pièces de casse-têtes pour ensuite les assembler afin de trouver la solution.

Une fois en connaissance complète c’est là qu’on s’intéresse aux solutions qui se retrouvent tout près de nous.

Voici quelques exemples où trouver la solution :

 

  • La gestion du stress émotionnel, physique et biochimique

  • La présence de toxines environnementales et biochimiques

  • Les réactions alimentaires comme des intolérances alimentaires

  • La présence d’infections (débalancement de la flore intestinale)

  • La qualité alimentaire (les choix et la quantité)

 

 

Dans le contexte où vous avez une intolérance au gluten (maladie cœliaque) ou une sensibilité non cœliaque au gluten, vous pouvez passer en revues toutes ces solutions. En effet, ce n’est pas rare que de retirer le gluten dans un contexte de maladie que nous avons une réduction des symptômes. Par contre, cette action ne permet pas toujours le rétablissement de tous les problèmes. Par exemple, il y a souvent une persistance des problèmes digestifs malgré le retrait du gluten, des maux de tête, des problèmes de peau, de la fatigue, etc. C’est pourquoi une analyse plus profonde des habitudes de vie nous permet de trouver une nouvelle piste de solution et de nouveaux résultats sur votre santé.

 

Étant donné qu’en nutrition fonctionnelle nous travaillons avec la flore intestinale, il est intéressant de mettre l’emphase immédiatement sur ce système.

 

Voici 2 nouvelles habitudes qui peuvent faire une différence sur votre flore et ainsi sur les autres systèmes de votre corps

 

  • Ajouter des légumes fermentés  

    Les légumes fermentés est une façon de prolonger la vie de vos légumes via un procédé de fermentation. Cette méthode permet d’ajouter des bonnes bactéries dans ces légumes pour nourrir votre flore intestinale (exactement comme les probiotiques). Il est possible de se procurer du chou fermenté (choucroute), des carottes fermentées, de la moutarde fermentée, du kimchi ou de la betterave fermentée directement dans les épiceries. Vous pouvez ajouter 1 c. à soupe de ces légumes fermentés dans vos salades, vos sautés ou dans vos potages. Voici un exemple : 

 

  • Mangez un arc-en-ciel de légumes

    Tous les polyphénols, les antioxydants et les fibres des légumes permettent de nourrir adéquatement votre système digestif. Il est fortement suggéré de varier les couleurs de vos légumes. Donc, l’objectif est d’avoir au moins 2 couleurs de légumes par repas. Aussi, la moitié de votre assiette devrait représenter vos légumes afin d’assurer une quantité suffisante. S’il y a une place où la science est en accord sur la nutrition sur toute la ligne, est sur l’importance de manger des légumes.

 

Comme la si bien dit Hippocrate, le père de la médecine : « All Disease begins in the gut » (En français : « Toutes les maladies commencent dans le système digestif »). Alors, lorsque nous aidons votre système digestif à digérer réellement les aliments que vous mangez, l’amélioration de plusieurs symptômes peuvent se faire ressentir.

 

Bonne continuité !

Nutrition fonctionnelle iceberg